Notes personnelles écrites le 29 avril, en la fête de Sainte Catherine de Sienne :
Benoît XVI
Souvenir du 19 avril 2005
L’élection de notre nouveau Pape Benoît XVI a été pour moi illuminée par Sainte Catherine de Sienne, et en particulier par la partie de son Dialogue sur le Mystère de l’Eglise (chapitres 110 à 134). Depuis plusieurs jours, je méditais ces textes pour préparer une conférence au centre catherinien de Rome sur « Eucharistie et Sacerdoce chez sainte Catherine de Sienne ». J’étais imprégné par sa vision christologique et eucharistique de l’Eglise, du Sacerdoce ministériel en en particulier de sa compréhension mystique de la mission du Pape : « le doux Christ sur la terre ». J’ai donné cette conférence le 20 avril, le lendemain de l’élection de Benoît XVI. J’ai commencé en citant deux textes de Catherine, dont l’un s’appliquait au Pape défunt, et l’autre au nouveau Pape (cf texte joint)
Le 19, jour de l’élection, je faisais ma journée de solitude à Subiaco. J’avais emporté un petit poste de radio pour écouter les nouvelles du conclave. A midi, la fumée était noire. Puis, comme je le fais toujours, je suis resté une heure en prière au monastère de saint Benoît, le « Sacro Speco », la sainte grotte où Benoît a commencé sa vie monastique. C’est un des lieux que j’aime le plus et où j’ai tant prié depuis plus de 20 ans. Cette grotte est pour moi le symbole du Sein Virginal et Maternel de Marie, et juste à côté de la grotte, il y a cette merveilleuse chapelle de Marie où je me mets toujours pour prier. C’était au moment même où il a été élu, mais je ne le savais pas encore. Je priais pour les Cardinaux, pour le conclave, en redisant mon « oui » à Jésus par Marie : « Totus Tuus ».
Puis, je suis descendu jusqu’à l’arrêt des cars pour rentrer à Rome et là, j’ai allumé de nouveau ma radio, vers 18h, pour entendre que la fumée était blanche ! Et c’est donc pendant le voyage de retour que j’ai reçu la nouvelle. Je me suis vraiment plongé dans le Coeur et le Sein de Marie en disant « Oui » d’avance à celui dont le nom allait être révélé, en promettant de l’accueillir, de l’aimer et de vivre en totale communion avec lui.
Quand j’ai entendu le nom du Cardinal Ratzinger, j’ai ressenti comme une décharge électrique, mais qui est passée toute entière dans ce « Oui » déjà prononcé. Je l’ai confié à Marie, j’ai prié intensément pour lui. Ensuite, la joie m’a inondé. Mais ce n’était plus le Cardinal Ratzinger ; c’était le Saint Père Benoît, le « doux Christ en terre ». Je n’ai eu aucune crainte, aucune déception, aucune amertume (même pour le Doctorat de St Louis-Marie de Montfort, auquel je continue de croire et pour lequel je continuerai de travailler paisiblement).
J’ai particulièrement remercié le Seigneur et la Vierge Marie pour ma dernière rencontre, si belle, avec le Cardinal Ratzinger, en Décembre 2004 lors de la remise du « Prix Henri de Lubac » (cf ma présentation de la thèse qui a remporté le prix). Le climat si confiant, et je dirais si amical, m’a poussé à lui donner dans les jours qui ont suivi deux documents importants en faveur du Doctorat de Montfort, avec une lettre d’explication, qui était aussi un signe de profonde communion (cf texte ci-joint). Déjà dans ses premières paroles, il a montré son amour pour Marie, mais il faut prier Jean-Paul II pour qu’il développe en lui cette dimension déjà présente ! Nous devons l’aider et le soutenir dans ce sens. Pour moi, le « Totus Tuus » de Jean-Paul II est le principal héritage spirituel que j’ai reçu de lui, que de dois vivre et enseigner, en l’approfondissant dans la grâce de la théologie des saints. C’est le « voeu » que j’ai formulé au moment de la mort de Jean-Paul II, lorsque j’ai pu prier devant son corps exposé à Saint Pierre.
En 1978, le voyage en Pologne avec Notre-Dame de Vie m’avait préparé à accueillir plus profondément l’élection de Jean-Paul II. De même, il y a eu cette belle rencontre avec le Cardinal Ratzinger quelques mois avant qu’il ne devienne le Pape Benoît XVI. Vraiment, le Seigneur fait bien les choses !
Dans les jours qui ont suivi son élection, j’ai eu la joie d’aider mes frères et mes soeurs à accueillir du fond du coeur cette élection, en priant particulièrement pour tous ceux et toutes celles qui ont encore du mal à l’accepter.
Mais surtout, c’est le Pape lui-même, qui en quelques jours, a touché tant de coeurs par son témoignage si lumineux, humble et évangélique, tout centré sur la Personne de Jésus, le Bon Pasteur.
Francois MArie Léthel ocd