LAUDES

L'âme assoiffée du Seigneur

Lecture:  Ps 62, 2-9

1. Le Psaume 62, sur lequel nous nous arrêtons aujourd'hui pour réfléchir, est le Psaume de l'amour mystique, qui célèbre l'adhésion totale à Dieu, en partant d'une aspiration presque physique et en rejoignant sa plénitude dans une étreinte intime et éternelle. La prière devient désir, faim et soif, car elle comprend l'âme et le corps.

Comme l'écrit sainte Thérèse d'Avila, "la soif exprime le désir d'une chose, mais un désir tellement intense que nous mourons si nous en restons privés" (Chemin de perfection, ch. XXI). La liturgie nous propose les deux premières strophes du Psaume, qui sont précisément centrées sur les symboles de la soif et de la faim, alors que la troisième  strophe  fait  apparaître  un horizon obscur, celui du jugement divin sur le mal, en contraste avec la luminosité et la douceur du reste du Psaume.

2. Nous commençons alors notre méditation avec le premier chant, celui de la soif de Dieu (cf. vv. 2-4). C'est l'aube, le soleil se lève dans le ciel limpide de la Terre Sainte et le fidèle commence sa journée en se rendant au temple pour chercher la lumière de Dieu. Il a besoin de cette rencontre avec le Seigneur de façon presque instinctive, on dirait "physique". De même que la terre aride est morte, tant qu'elle n'est pas irriguée par la pluie, et que les crevasses du terrain semblent une bouche assoiffée et desséchée, ainsi le fidèle aspire à Dieu pour être empli par Lui et pour pouvoir ainsi exister en communion avec Lui.

Le prophète Jérémie avait déjà proclamé:  le Seigneur est une "source d'eau vive", et il avait reproché au peuple d'avoir construit "des citernes lézardées qui ne tiennent pas l'eau" (2, 13). Jésus lui-même s'exclamera à haute voix:  "Si quelqu'un a soif qu'il vienne à moi, et qu'il boive, celui qui croit en moi" (Jn 7, 37-38). En plein après-midi d'un jour ensoleillé et silencieux, il promet à la samaritaine:  "Qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus jamais soif; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui source d'eau jaillissante en vie éternelle" (Jn 4, 14).

3. La prière du Psaume 62 se mêle, en ce qui concerne ce thème, au chant d'un autre Psaume merveilleux, le 41:  "Comme languit une biche après les eaux vives, ainsi languit mon âme vers toi, mon Dieu. Mon âme a soif de Dieu, du Dieu vivant" (vv. 2-3). Il faut savoir que dans la langue de l'Ancien Testament, l'hébreu, "l'âme" est exprimée par le terme nefesh, qui dans certains textes désigne la "gorge" et que dans beaucoup d'autres sa signification est plus large et indique la personne tout entière. Compris dans cette dimen-sion, le terme aide à comprendre combien le besoin de Dieu est essentiel et profond;  sans  lui  le  souffle  manque, ainsi que la vie elle-même. C'est pourquoi le Psalmiste en arrive à mettre au deuxième plan l'existence physique elle-même, si l'union avec Dieu vient à manquer:  "Meilleur que la vie, ton amour" (Ps 62, 4). Dans le Psaume 72 également, il est dit au Seigneur:  "Avec toi, je suis sans désir sur la terre. Et ma chair et mon coeur sont consumés:  roc de mon coeur, ma part, Dieu à jamais! [...] Pour moi approcher Dieu est mon bien" (vv. 25-28).

4. Après le chant de la soif, voilà qu'apparaît dans les paroles du Psalmiste le chant de la faim (cf. Ps 62, 6-9). Avec les images du "banquet abondant" et de la satiété, le suppliant renvoit probablement à l'un des sacrifices qui étaient célébrés dans le temple de Sion:  celui que l'on appelle "de communion", c'est-à-dire un banquet sacré où les fidèles mangeaient la chair des victimes immolées. Une autre nécessité fondamentale de la vie est ici utilisée comme un symbole de la communion avec Dieu:  la faim est rassasiée lorsqu'on écoute la Parole divine et que l'on rencontre le Seigneur. En effet, "l'homme ne vit pas seulement de pain, mais l'homme vit de  tout  ce  qui  sort  de la bouche de Yahvé" (Dt 8, 3; cf. Mt 4, 4). La pensée du chrétien se tourne ici vers la table que le Christ a dressée le dernier soir de sa vie terrestre, et dont il avait déjà expliquée la valeur profonde dans le discours de Capharnaüm:  "Car ma chair est vraiment une nourriture et mon sang vraiment une boisson. Qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui" (Jn 6, 55-56).

5. A travers la nourriture mystique de la communion avec Dieu "l'âme se serre" contre Lui, comme le déclare le Psalmiste. Encore une fois, la parole "âme" évoque l'être humain dans son ensemble. Ce n'est pas pour rien si l'on parle d'une étreinte presque physique:  désormais Dieu et l'homme sont en pleine communion et sur les lèvres de la  créature  ne  peut  que  jaillir  une louange joyeuse et reconnaissante. Même  lorsqu'on  se  trouve  dans  la nuit obscure, on se sent protégés par les ailes de Dieu, comme l'arche de l'alliance est couverte des ailes des chérubins. C'est alors que fleurit l'expression extatique de la joie:  "Je jubile à l'ombre de tes ailes". La peur se dissipe, l'étreinte ne serre pas le vide mais Dieu lui-même, notre main s'entrelace avec la force de sa droite (cf. Ps 62, 8-9).

6. Dans une lecture du Psaume à la lumière du mystère pascal, la soif et la faim qui nous poussent vers Dieu, trouvent leur satisfaction dans le Christ crucifié et ressuscité, dont nous parvient, à travers le don de l'Esprit et des Sacrements, la vie nouvelle et l'aliment qui la soutient.

C'est ce que nous rappelle saint Jean Chrysostome qui, en commentant l'annotation de Jean:  de son côté "sortit du sang et de l'eau" (cf. Jn 19, 34), affirme:  "Ce sang et cette eau sont les symboles du  Baptême  et  des  Mystères",  c'est-à-dire  de  l'Eucharistie.  Et  il  conclut:  "Voyez comme le Christ a uni à lui-même l'épouse? Voyez avec quelle nourriture il nous nourrit tous? C'est par la même nourriture que nous avons été formés et que nous sommes nourris. En effet, comme la femme nourrit celui qu'elle a engendré avec son propre sang et lait, ainsi le Christ nourrit sans cesse par son propre sang celui qu'il a lui-même engendré" (Homélie III adressée aux néophytes, 16-19 passim:  SC 50 bis, 160-162).

JEAN PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 25 avril 2001

Que chaque créature loue le Seigneur

Lecture:  Cantique: Dn 3, 57-88.56

1. "Toutes les oeuvres du Seigneur, bénissez le Seigneur" (Dn 3, 57). Un souffle cosmique parcourt ce Cantique tiré du Livre de Daniel, que la Liturgie des Heures propose pour les louanges du Dimanche de la première et de la troisième semaine. Cette merveilleuse prière litanique s'adapte bien au Dies Domini, au Jour du Seigneur, qui dans le Christ ressuscité nous fait contempler le sommet du dessein de Dieu sur le cosmos et sur l'histoire. En effet, c'est en Lui, l'alpha et l'oméga, le début et la fin de l'histoire (cf. Ap 22, 13), que la création elle-même prend un sens accompli, car, comme le rappelle Jean dans le prologue de l'Evangile, "Tout fut par lui" (Jn 1, 3). Dans la résurrection du Christ l'histoire du salut atteint son sommet, ouvrant les événements humains au don de l'Esprit et de l'adoption filiale, dans l'attente du retour de l'Epoux divin, qui remettra le monde à Dieu le Père (cf. 1 Co 15, 24).

2. Dans ce passage sous forme de litanie, toutes les choses sont comme passées en revue. Le regard se tourne vers le soleil, la lune, les astres; il se pose sur l'immense étendue des eaux, il s'élève vers les montagnes, il contemple les situations atmosphériques les plus diverses; il passe du chaud au froid, de la lumière aux ténèbres; il considère le monde minéral et le monde végétal, il s'arrête sur les diverses espèces d'animaux. L'appel devient ensuite universel:  il interpelle les anges de Dieu, il atteint tous les "fils de l'homme", mais il touche de façon particulière le Peuple de Dieu, Israël, ses prêtres, les justes. C'est un choeur immense, une symphonie dont les diverses voix élèvent leur chant à Dieu, Créateur de l'univers et Seigneur de l'histoire. Récité à la lumière de la révélation chrétienne, il s'adresse à Dieu trinitaire, comme la liturgie nous invite à le faire, en ajoutant au Cantique une formule trinitaire:  "Bénissons le Père et le Fils avec l'Esprit Saint".

3. Dans le Cantique se reflète d'une certaine façon l'âme religieuse universelle, qui perçoit la trace de Dieu dans le monde, et qui s'élève dans la contemplation du Créateur. Mais dans le contexte du livre de Daniel, l'hymne se présente comme un remerciement élevé par trois jeunes Israélites - Ananias, Azarias et Misaël - condamnés à mourir brûlés dans une fournaise, pour avoir refusé d'adorer la statue d'or de Nabuchodonosor, mais miraculeusement sauvés des flammes. En arrière-plan de cet événement se trouve l'histoire particulière du salut, dans laquelle Dieu choisit Israël comme son Peuple et établit une alliance avec lui. C'est précisément à cette alliance que les trois jeunes Israélites veulent rester fidèles, même si le prix à payer est le martyre dans la fournaise ardente. Leur fidélité rencontre la fidélité de Dieu, qui envoie un ange pour éloigner d'eux les flammes (cf. Dn 3, 49).

Ainsi, le Cantique se situe dans la ligne des chants de louanges pour avoir échappé à un danger, qui sont présents dans l'Ancien Testament. Parmi ces derniers, se trouve le célèbre chant de victoire rapporté dans le chapitre 15 de l'Exode, dans lequel les antiques hébreux expriment leur reconnaissance au Seigneur pour la nuit où ils auraient dû inévitablement être écrasés par l'armée du pharaon, si le Seigneur ne leur avait pas ouvert une voie entre les eaux, en jetant "à la mer cheval et cavalier" (Ex 15, 1).

4. Ce n'est pas un hasard si, lors de la solennelle veillée pascale, la liturgie nous fait chaque année répéter l'hymne chanté par les Israélites lors de l'Exode. Cette route ouverte pour eux annonçait prophétiquement la nouvelle voie que le Christ ressuscité a inaugurée pour l'humanité lors de la nuit sainte de sa résurrection des morts. Notre passage symbolique à travers les eaux baptismales nous permet de revivre une expérience analogue de passage de la vie à la mort, grâce à la victoire sur la mort remportée par Jésus, pour notre bénéfice à tous.

En répétant, dans la liturgie dominicale des Laudes, le Cantique des trois jeunes Israélites, nous, disciples du Christ, nous voulons nous placer dans le même courant de gratitude pour les grandes oeuvres accomplies par Dieu, que ce soit dans la création ou surtout dans le mystère pascal.
En effet, le chrétien entrevoit un rapport entre la libération des trois jeunes israélites, dont on parle dans le Cantique, et la résurrection de Jésus. Dans cette dernière, les Actes des Apôtres voient exaucée la prière du croyant qui, comme le Psalmiste, chante avec confiance:  "Tu n'abandonneras pas mon âme à l'Hadès et ne laissera pas ton saint voir la corruption" (Ac 2, 27; Sal 15, 10).

Le rapprochement de ce Cantique avec la résurrection est tout à fait traditionnel. Il existe de très anciens témoignages de la présence de cet hymne dans la prière du Jour du Seigneur, Pâques hebdomadaire des chrétiens. Les catacombes romaines conservent des vestiges iconographiques dans lesquels on voit les trois enfants qui prient indemnes entre les flammes, témoignant ainsi de l'efficacité de la prière et de la certitude de l'intervention du Seigneur.

5. "Béni sois-tu dans le firmament du ciel, chanté, glorifié éternellement" (Dn 3, 56). En chantant cet hymne, le matin du Dimanche, le chrétien se sent non seulement reconnaissant pour le don de la création, mais également parce qu'il est le destinataire de l'attention paternelle de Dieu, qui, dans le Christ, l'a élevé à la dignité de fils.

Une attention paternelle qui nous permet de regarder d'un oeil nouveau la création elle-même et qui nous en fait goûter la beauté, dans laquelle on entrevoit, comme en filigrane, l'amour de Dieu. C'est avec ces sentiments que François d'Assise contemplait la création et élevait sa louange à Dieu, source ultime de toute beauté. On imagine spontanément que les sommets de ce texte biblique résonnaient dans l'âme de saint Damien lorsque, après avoir atteint les sommets de la souffrance dans son corps et dans son esprit, il composa le "Cantique de frère soleil" (cf. Sources franciscaines, n. 263).

JEAN PAUL II

AUDIENCE GÉNÉRALE

Mercredi 2 mai 2001

La fête des amis de Dieu

Lecture:  Ps 149

1. "Les siens jubilent de gloire, ils acclament depuis leur place". Cet appel du Psaume 149, qui vient d'être proclamé, renvoie à une aube qui va poindre et qui voit les fidèles prêts à entonner leur louange du matin. Cette louange est définie à travers une expression significative, "un chant nouveau" (v. 1), c'est-à-dire un hymne solennel et parfait, adapté aux jours de la fin, lorsque le Seigneur rassemblera les justes dans un monde renouvelé. Tout le Psaume est parcouru par une atmosphère de fête, déjà inaugurée par l'alleluia du début et ensuite rythmée par le chant, la louange, la joie, la danse, le son des tambours et des harpes. La prière que ce Psaume inspire est l'action de grâce d'un coeur comblé de joie religieuse.

2. Les protagonistes du Psaume sont appelés, dans l'original hébreux de l'hymne, par deux termes caractéristiques de la spiritualité de l'Ancien Testament. Ils sont tout d'abord définis trois fois comme des hasidim (vv. 1.5.9.), c'est-à-dire "les pieux, les fidèles", ceux qui répondent avec fidélité et amour (hesed) à l'amour paternel du Seigneur.

La seconde partie du Psaume surprend, car elle est remplie d'images guerrières. Il nous semble étrange que, dans un même verset, le Psaume réunisse "les éloges de Dieu à pleine gorge" et "à pleines mains l'épée à deux tranchants" (v. 6). En réfléchissant, nous pouvons en comprendre le pourquoi:  le Psaume fut composé pour des "fidèles" qui se trouvaient engagés dans une lutte de libération; ils combattaient pour libérer leur peuple opprimé et lui rendre la possibilité de servir Dieu. Au cours de l'époque des Maccabées, au IIème siècle avant Jésus-Christ, les combattants pour la liberté et pour la foi, soumis à une dure répression de la part du pouvoir héllenistique, s'appelaient précisément hasidim, "les fidèles" à la Parole de Dieu et aux traditions des Pères.

3. Dans la perspective actuelle de notre prière, cette symbolique guerrière devient une image de notre engagement de croyants qui, après avoir chanté à Dieu la louange du matin, partent sur les routes du monde, affrontant le mal et l'injustice. Malheureusement, les forces qui s'opposent au Royaume de Dieu sont imposantes:  le Psalmiste parle de "peuples, nations, rois et notables". Pourtant il est confiant, car il sait qu'à ses côtés se trouve le Seigneur qui est le vrai Roi de l'histoire (v. 2). Sa victoire sur le mal est donc certaine et ce sera le triomphe de l'amour. Tous les hasidim participent à cette lutte, tous les fidèles et les justes qui, avec la force de l'Esprit, mènent à bien l'oeuvre admirable qui porte le nom de Royaume de Dieu.

4. Saint Augustin, en partant des références du Psaume au "choeur" et aux "tambours et aux harpes", commente:  "Qu'est-ce que représente un choeur? [...] Le choeur est un ensemble de chanteurs qui chantent ensemble. Si nous chantons en choeur, nous devons chanter en accord. Lorsque l'on chante en choeur, une seule voix qui chante faux blesse l'auditeur et sème la confusion dans le choeur lui-même" (Enarr. in Ps. 149:  CCL 40, 7, 1-4).

Faisant ensuite référence aux instruments utilisés par le Psalmiste, il se demande:  "Pourquoi le Psalmiste prend-il en main le tambour et le psaltérion?". Il répond:  "Pour que la voix ne soit pas seule à louer le Seigneur, mais également les oeuvres. Lorsque l'on prend le tambour et la harpe, les mains s'accordent avec la voix. Il en est de même pour toi. Quand tu chantes l'alleluia, tu dois présenter le pain à l'affamé, vêtir celui qui est nu, accueillir le pèlerin. Si tu fais cela, ce n'est pas la voix seule qui chante, mais les mains s'harmonisent à la voix, dans la mesure où les paroles concordent avec les oeuvres" (Ibid., 8, 1-4).

5. Un deuxième terme définit les protagonistes de ce Psaume:  ce sont les anawim, c'est-à-dire les "pauvres, les humbles" (v. 4). Cette expression est très fréquente dans le Psautier et indique non seulement les opprimés, les misérables, ceux qui sont persécutés pour la justice, mais également ceux qui, étant fidèles aux engagements moraux de l'Alliance avec Dieu, sont marginalisés par ceux qui choisissent la violence, la richesse et la puissance. Dans cette perspective, on comprend que les "pauvres" ne représentent pas seulement une catégorie sociale, mais un choix spirituel. Tel est le sens de la première et célèbre Béatitude:  "Heureux ceux qui ont une âme de pauvre, car le Royaume des cieux est à eux" (Mt 5, 3). Le prophète Sophonie s'adressait déjà ainsi aux anawim:  "Cherchez Yahvé, vous tous les humbles de la terre, qui accomplissez ses ordonnances. Cherchez la justice, cherchez l'humilité:  peut-être serez-vous à l'abri au jour de la colère de Yahvé" (So 2, 3).

6. Le "jour de la colère de Yahvé" est précisément celui qui est décrit dans la seconde partie du psaume lors-que les "pauvres" se rangent du côté de Dieu pour lutter contre le mal. Seuls, ces derniers n'ont pas la force suffisante, ni les moyens, ni les stratégies nécessaires pour s'opposer à l'irruption du mal. Pourtant, la phrase du Psalmiste n'admet pas d'hésitations:  "Car Yahvé se complaît en son peuple, de salut il pare les humbles (anawim)" (v. 4). De façon idéale se dessine ce que l'Apôtre Paul déclare aux Corinthiens:  "Ce qui dans le monde est sans naissance et ce qu'on méprise, voilà ce que Dieu a choisi; ce qui n'est pas, pour réduire à rien ce qui est" (1 Co 1, 28).

Avec cette certitude, "les fils de Sion" (v. 2), hasidim et anawim, c'est-à-dire les fidèles et les pauvres, partent pour vivre leur témoignage dans le monde et dans l'histoire. Le chant de Marie dans l'Evangile de Luc - le Magnificat - est l'écho des meilleurs sentiments des "fils de Sion":  louange joyeuse au Dieu Sauveur, action de grâce pour les merveilles accomplies en elle par le Tout Puissant, lutte contre les forces du mal, solidarité avec les pauvres, fidélité au Dieu de l'Alliance (cf. Lc 1, 46-55).

JEAN PAUL II  

AUDIENCE GÉNÉRALE  

Mercredi 23 mai 2001