
ICÔNE
DE SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT-JÉSUS ET DE LA SAINTE FACE,
DOCTEUR DE L’ÉGLISE
Introduction
Thérèse de l’Enfant-Jésus telle “une parole de Dieu pour le monde”, ainsi que l’a définie le Pape Pie XI, nous révèle, à travers son icône, l’excellence de son enseignement et la profondeur évangélique de sa doctrine. Doctrine qui est un phare guidant l’humanité vers le chemin de la sainteté en le révélant accessible à tous. Son désir d’ “éclairer les âmes comme les prophètes, comme les docteurs” continue à se réaliser et ce, de plus en plus auprès d’une multitude de diverses classes sociales et de culture variée. “Faire aimer le Bon Dieu comme [elle] l’aime, [et] donner [sa] petite voie aux âmes” n’était-ce pas là son plus grand souhait?
Dans cette icône de Thérèse docteur qui se voudrait l’icône de la transparence de son enseignement, nous voyons la sainte debout et nous reconnaissons à sa droite :
assis : le Saint Pape Léon, Saint Ambroise et Saint Cyrille d’Alexandrie.
debout : Saint Jean de la Croix près de la sainte, Saint Augustin, Saint Jean Damascène, Sainte Catherine de Sienne et Saint Thomas d’Aquin.
et à sa gauche:
assis : les trois Lunes : Saint Jean Chrysostome, Saint Grégoire le Théologien, Saint Basile le Grand.
debout : Sainte Thérèse de Jésus nous présente sa fille ; Saint Robert Bellarmin, Saint Ephrem, Saint Bernard et Saint Antoine de Padoue.
Au second plan, nous voyons, de part et d’autre, deux édifices représentant l’Eglise en ses deux poumons : l’Orient et l’Occident. Tout l’événement de Thérèse se passe dans l’Eglise “Une” de Jésus.
Jésus-Enfant, “le Docteur des docteurs”, se trouve dans la partie supérieure de l’icône, entouré de la Théotokos et de Saint Joseph lors du Recouvrement au Temple.
Structure graphique
L’icône est un miroir où l’Eglise peut contempler à travers des lignes et des couleurs le mystère qu’elle représente et qu’elle rend présent. Sur l’icône que nous contemplons, Thérèse émerge d’un fond doré, l’or étant le symbole de Dieu qui est Lumière, Vie et Sainteté. En Lui et par Lui, s’inscrit et se réalise toute vocation, mission et événement dans 1’Eglise. Très souvent l’icône a pour support tin graphisme. Ici, le graphisme nous est livré par la Petite Thérèse. Dès son enfance, elle voyait son nom inscrit dans le ciel. “[...] je regardais les étoiles [...] il y avait surtout un groupe de perles d’or que je remarquais avec joie trouvant qu’il avait la forme d’un T (voici a peu près sa forme T) je le faisais voir à papa en lui disant que mon nom était écrit dans le ciel”.
Le corps de Thérèse forme le T. La sainte est située dans le prolongement de la ligne de Jésus-Docteur, la Sagesse même. Il s’agit de la ligne verticale du T qui continue virtuellement vers l’infini. Infinie, elle l’est en effet dans ses deux sens où son summum, le Christ, est reflété dans l’infini inversé, étant le Tout et remplissant tout. Elle évoque sa relation directe avec Dieu qui la rend ferme, inébranlable. Il est son rocher. A travers sa science d’amour et sa perception de Dieu, Thérèse Le prend par le cœur. Elle a compris comment L’aimer et elle nous livre son secret.
Quant à la ligne horizontale, elle est remarquable par son inclinaison, symbole de ce mouvement simple et continue sous la mouvance de l’Esprit-Saint chez Thérèse : le désir de ramener les âmes vers Dieu. Sa compassion alla jusqu’à s’asseoir à la table des pécheurs. Le côté droit de l’axe est dirigé vers le bas : la terre, les pécheurs et le côté gauche vers le haut : le ciel, Dieu. De plus, cette ligne suggère – disons plutôt suscite – le mouvement corollaire, celui de Dieu vers l’homme. Celui qui est dans les hauteurs, n’est-il pas le Même qui est descendu dans les antres de l’enfer ?
Cet axe nous parle aussi de l’événement universel de Thérèse. Elle rejoint l’Orient et l’Occident, “tout le monde m’aimera”, s’exclamait-elle de manière prophétique. Les deux lignes, l’une verticale et l’autre horizontale, se croisent au centre de l’Evangile greffé sur le cœur de la Sainte jusqu’à le substituer en se l’assimilant. Le feu embrasant l’Evangile signifie la flamme intérieure que celui-ci produit dans le cœur de Thérèse.
Thérèse synthétise le graphisme de son icône par ces seules paroles : “Seigneur [...] lorsqu’une âme s’est laissée captiver [...] elle ne saurait courir seule, toutes les âmes qu’elle aime sont entraînées à sa suite ; cela se fait sans contrainte, sans effort, c’est une conséquence naturelle de son attraction vers vous.”
Lecture de l’icône

La partie supérieure de l’icône
Scellant l’intimité de son Cœur par l’union d’amour, le Seigneur dévoile à Thérèse tous les mystères de sa Personne et de sa création. Secrets si souvent pressentis mais jamais pénétrés. Quelle béatitude “de comprendre les intimes secrets de notre Epoux”. La miniature qui préside l’ensemble de l’icône est la scène du “Christ dans le Temple à l’âge de douze ans” (O XPIΣTOΣ ΔΩΔEKAETHΣ EN TΩ NAΩ). Là, l’Enfant-Jésus, bien petit, est cependant la Sagesse même, le Dieu d’avant les siècles (O ΠPO AIΩNΩN ΘEOΣ). Jésus, dira Thérèse, est “le Docteur des docteurs” qui “enseigne sans bruit de paroles” et elle ajoutera “Je sens qu’Il est en moi, à chaque instant, Il me guide, m’inspire ce que je dois dire ou faire”. Selon Saint Jean de la Croix, Dieu, tout en restant immuable meut et dirige : “C’est que la Sagesse est plus active que toutes les choses actives ; voilà pourquoi nous devons dire que, dans ce mouvement, c’est l’âme qui est mue et qui se réveille du sommeil de la vue naturelle à la vue surnaturelle”. Le mystère de la miniature nous rapproche de la vision christocentrique de Thérèse.
En Orient, l’Enfant-Jésus est toujours contemplé comme le Dieu d’avant les siècles. Il est toujours le Même, immuable, sans commencement, sans fin, Un et Trine... C’est pourquoi, dans l’iconographie byzantine, les traits du visage de l’Enfant-Jésus sont toujours ceux d’un adulte. Dans cette même vision, Thérèse conçoit son nom : “Thérèse de l’Enfant-Jésus de la Sainte-Face”, nom inscrit sur l’or, symbole du Dieu Amour. L’Enfant-Jésus et la Sainte Face sont le même Jésus contemplé en un seul mouvement qui embrasse son humanité fragile faite enfant, et ses douleurs rédemptrices dans la Face de l’Homme des douleurs. Son nom réalise le Christ total, résumant ainsi sa vocation : 1’lncarnation Rédemptrice.
Marie, la Toute Sainte (H ΠANAΓIA), comme dans la majorité des icônes, se trouve à côté de son Fils Jésus. En effet, dans son Economie, Dieu a voulu qu’elle soit associée à toute l’œuvre de la Rédemption, depuis l’Annonciation jusqu’à la Mort, la Résurrection et Ascension du Sauveur, puis de la naissance de 1’Eglise jusqu’au second et glorieux Avènement de Jésus-Christ. Thérèse, consciente de la place privilégiée que Marie occupe, lui a dédié un poème de vingt-cinq strophes “Pourquoi je t’aime, ô Marie!” Thérèse n’a jamais été satisfaite des sermons qu’elle entendait sur la Vierge Marie. Elle disait : “On la montre inabordable, il faudrait la montrer imitable, faire ressortir ses vertus, dire qu’elle vivait de foi comme nous, en donner des preuves par l’Evangile où nous lisons : ‘ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait’ ”. L’épisode de la vie de Jésus, le Recouvrement au Temple, représenté dans l’icône, met en évidence, selon la mariologie thérésienne, la vie de Foi de Marie. Jésus “veut qu’[elle soit] l’exemple de l’âme qui le cherche en la nuit de la Foi... [et] dans l’angoisse du cœur”.
A l’école de la Mère de Dieu (H ΘEOTOKOΣ), Thérèse a appris : à bannir toutes ses craintes, à la suivre par la voie commune, à pratiquer toutes les vertus, à aimer Jésus, à souffrir en aimant... Son visage ne reflète-t-il pas une certaine expression qui laisse deviner sa participation à la Passion du Sauveur ? A l’exemple de Marie, Thérèse n’a vécu que “pour faire plaisir au bon Dieu” dans son Fiat continuel. Les vertus de Marie sont devenues celles de Thérèse car la vie de Marie est devenue la vie de Thérèse. Nous pouvons dire, en toute vérité, que Thérèse est devenue la petite icône de Marie.
A côté de Jésus et de Marie, nous voyons Saint Joseph. Sa présence nous rappelle l’amour que lui portait la petite Thérèse ainsi qu’à la Sainte Famille. Ce qui n’est pas étonnant pour une fille de la “Santa Madre”, c’est pourquoi, dans l’icône, la grande Thérèse est placée du côté de Saint Joseph.
Par sa pénétration remarquable des faits évangéliques, à travers tous ses écrits, la petite Thérèse souligne le rôle que Dieu a assigné à Saint Joseph. Il est le serviteur du mystère de l’Incarnation, humble et caché, pauvre et obéissant, diligent et contemplatif. Le Fils de Dieu lui était soumis, et bien que Jésus eut été tout oraison, Dieu a voulu que son humanité grandisse dans une ambiance qui était, entre Marie et Joseph, toute d’oraison.
Thérèse a vécu dans l’ambiance d’une famille sainte. Son père et sa mère étaient profondément chrétiens et de grande vertu. Ils veillaient avec beaucoup d’attention sur l’éducation chrétienne et humaine de leurs enfants. Thérèse en témoigne : “Avec une nature comme la mienne, si j’avais [été] élevée par des Parents sans vertu [...] je serais devenue bien méchante et peut-être me serais perdue... N’ayant que de bons exemples autour de moi, je voulais naturellement les suivre”. Quel modèle pour nos familles actuelles !
Figure centrale
Thérèse est le centre de l’icône et l’Evangile est le cœur de son cœur. De fait, il ne la quittait jamais. A l’exemple de Marie, elle gardait la “Parole de Dieu” et la méditait jour et nuit. D’un geste franc, Thérèse dévoile son cœur et nous montre le Logos Eternel fait parole. Que de fois ne nous dit-elle pas que “Garder la parole de Jésus, [est] l’unique condition de notre bonheur, la preuve de notre amour pour Lui [car] la parole de Jésus, c’est Lui-même…”.
Ce vécu de l’intelligence et de la “garde” de la Parole se ressent, de manière palpable, dans l’abondance des citations scripturaires que nous relevons dans ses écrits et les divers commentaires qu’elle en fait, fruits naturels d’une foi purifiée. Il ne semble pas osé de dire que c’est Jésus, Lui-même, qui parle à travers l’enseignement de Thérèse, puisqu’elle reflète la lumière de sa Parole. C’est pourquoi l’Evangile scintille sur son cœur. Thérèse est transparence dans le double mouvement de recevoir et de donner la Parole.
La flamme, sur l’Evangile, représente le feu qui jaillit de cette Parole et qui illumine. Elle repose sur l’Evangile comme l’Esprit repose sur le Verbe. Elle montre l’emprise vivifiante de l’Esprit sur Thérèse. Elle la consume et la transforme en feu, surtout après son offrande à l’Amour Miséricordieux, où cette flamme est devenue un brasier qui la brûlait.
Thérèse clamait : “Dans le Cœur de l’Eglise, ma Mère, je serai l’Amour…”. Or dans l’icône, c’est l’Amour qui trône dans son cœur et y règne puissamment. La perspective est donc inversée. Il fallait, en effet, que Thérèse souffrit les délices de cette union substantielle au plus intime de son âme afin d’être tout entière transfigurée, divinisée par la seule identification à cette singulière flamme d’Amour. Thérèse peut être alors l’Amour au sein de l’Eglise en puisant à la racine même du Cœur de Dieu. La fécondité universelle qui en découle est alors œuvre divine jaillie de cette union personnelle. Redoutable privilège où le cœur de Thérèse se dilate jusqu’à atteindre la dimension de l’Eglise, Corps Mystique du Christ. En fait, son graphisme a une portée cosmique et tout à la fois unique.
La loi de la nature veut que toute science soit – dès ici-bas – signe et écho d’une science supérieure. Le parchemin a ceci de singulier qu’il s’en fait l’aveu. Les sciences humaines se nient pour professer leur parachèvement par une tout autre science, celle de la folie de Dieu, suprême Sagesse, la science d’Amour. Ce fut le seul bien que Thérèse ambitionna : “La science d’Amour, [...] je ne désire que cette science-là...”. Aimer Jésus et le faire aimer, Thérèse était hantée par ce désir, ayant bien compris qu’ “il n’y a que 1’amour qui puisse nous rendre agréable au Bon Dieu”. Elle nous enseigne comment y arriver, c’est la science “pratico-pratique”. Lui, “le divin Mendiant d’amour”, se laisse prendre par le cœur, “se laisse enchaîner par un cheveu qui vole sur notre cou... [puisque] les plus petites actions faites par amour sont celles qui charment son cœur.
Jésus ne demande pas de grandes actions mais seulement l’abandon et la reconnaissance. Ecoutons le Maître, Lui-même qui instruisait Thérèse “en secret des choses de son amour” : “Jésus se plaît à me montrer l’unique chemin qui conduit à cette fournaise divine, ce chemin c’est l’abandon du petit enfant qui s’endort sans crainte dans les bras de son Père”. La finesse géniale de son intuition du cœur de Dieu s’exprime dans le geste de tenir le parchemin qui dénote une élégante délicatesse.
Sur l’icône les deux bras de Thérèse, l’un dirigé vers le haut, l’autre vers le bas, qui se situent sur la ligne transversale du graphisme, symbolisent, chez elle, cet amour de la vérité et cette sincérité tranchante qui supprime impitoyablement tout compromis et toute concession. Thérèse ne contourne aucun aspect de son être et sans jamais se dérober, s’assume totalement et authentiquement. Le mouvement des deux bras exprime une parfaite continuité entre l’inférieur et le supérieur, où le supérieur est surtout le mouvement de l’inférieur qui s’élève, à savoir l’image de notre humanité rachetée par Celui qui la sauve de sa plus désespérante misère pour lui faire partager Sa gloire. Ainsi, des profondeurs de son anéantissement, l’être humain atteint la grandeur de Dieu. Là, se trouve l’ardeur et l’audace de la faiblesse qui en s’abandonnant sait attirer sur elle des torrents de miséricorde.
L’inclination de la tête exprime aussi cette petitesse, assumée dans l’amour, qui a creusé en elle des espaces d’humilité où le Seigneur aime à s’abaisser : “me grandir, c’est impossible, je dois me supporter telle que je suis [...] l’ascenseur qui doit m’élever jusqu’au ciel, ce sont vos bras, ô Jésus ! [...] il faut [alors] que je reste petite, que je le devienne de plus en plus”. Voici la “petite voie bien droite, bien courte, une petite voie toute nouvelle” que Thérèse a mission de nous enseigner, disons plutôt de nous rappeler : c’est la voie de l’enfance évangélique, “si vous ne retournez à l’état des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux”.
Thérèse semble s’abaisser, se cacher, disparaître dans son néant, bien qu’il ne s’agisse pas d’un mouvement de fuite. Sa tête est penchée avec confiance et abandon, comme celle d’un oiseau s’abritant sous les ailes maternelles. S’arrêter là, sans souligner l’effort que l’âme doit exercer et le courage viril avec lequel elle doit agir, c’est méconnaître Thérèse et le message qu’elle nous livre. Combien de fois n’a-t-elle pas mentionné “les fleurs des petits sacrifices” qu’elle jette à Jésus. La “petite voie” de l’enfance fut, pour elle, une vie théologale vécue dans toute son intégralité. Vie de Foi et d’Espérance dans l’Amour. De sa jambe gauche, se dégage une certaine luminosité renforcée par des reflets qui révèlent le Don de Force qui l’animait. Il en est de même pour le côté mouvementé de son habit qui exprime la force et qui suggère tout à la fois les recoins humains recelant la fragilité profonde. La faiblesse affine alors la force, l’empêchant de dégénérer en prétention orgueilleuse.
Thérèse offre sa faiblesse comme elle aurait offert sa force. Bien plus, elle offre sa faiblesse comme force suprême (notons l’oxymore qu’est “téméraire abandon”). Saint Paul ne se vantait-il pas de sa faiblesse comme unique motif de gloire en disant: “Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort?”. Et Quelle plus impressionnante et véridique force que cette étonnante lucidité héroïque ? Si supporter ses misères est une puissance, que serait-ce les transfigurer ? Ce qui est absolument surnaturel, c’est que ces misères demeurent ce qu’elles sont jusque dans la splendeur de la gloire et, mêlées à l’exaltation de la victoire, ne perdent jamais leur cachet si proprement humain. La faiblesse est donc riche de force. “Vous [avez] daigné me donner en partage cette Croix si précieuse, j’espère au Ciel vous ressembler et voir briller sur mon corps glorifié les sacrés stigmates de votre Passion”.
Nous pouvons donc constater l’impact de sa “petite doctrine” au cœur de l’Eglise, révolution symbolisée par les mouvements prononcés du manteau tombant en cascades du côté droit de l’icône. Elle a découvert le véritable visage de Dieu qui se laisse séduire par notre con- fiance en Lui “quand même j’aurais sur la conscience tous les péchés qui se peuvent commettre, j’irais, le cœur brisé de repentir, me jeter dans les bras de Jésus, car je sais combien Il chérit l’enfant prodigue qui revient à Lui”.
Le dynamisme de l’attitude de Thérèse montre l’énergie de l’épouse qui court d’un pas léger et allègre vers son Bien-Aimé. De fait la Terre Promise, l’union au Bien-aimé, est entièrement contenue dans le pèlerinage terrestre, dans le désir qu’on en a et dans l’effort d’y accéder. Chaque pas de cet exode pascal – même à travers périls et embûches – est promesse et anticipation du bien à venir. Thérèse nous rappelle donc l’épouse des Cantiques qui est totalement éprise et séduite. Elle est arrivée aux profondeurs de l’Amour et désire s’y cacher ; elle est entrée dans le cellier intérieur pour y boire. Son âme vit plus en Celui qu’elle aime que dans le corps qu’elle anime. L’inclination de sa tête montre aussi l’attitude de l’âme énamourée qui a laissé le Seigneur captiver son cœur.
Thérèse a parcouru les étapes de la vie spirituelle, elle a atteint la divine transformation. Sa course ne s’arrête pas dans les joies du mariage, elle atteint la maternité : être mère des âmes par son union à Jésus. La maternité pour elle est holocauste. A l’exemple de son Epoux qui ne s’est pas arrêté au triomphe reçu à Jérusalem in à la gloire de ses miracles, elle veut boire au calice jusqu’à la lie. Jésus a arrosé de son sang divin la Parole qu’Il a semée. L’encre qu’Il a utilisé pour s’écrire en nous fut son Précieux Sang, Thérèse de son côté “[a passé] par le creuset de la souffrance... [a eu] en partage cette Croix si précieuse”. Elle a suivi, avec détermination, Celui qui était “sans beauté, ni éclat”. L’amour suppose la ressemblance et l’identification.
Le visage sur l’icône est jeune et accompli : “[...] malgré ma petitesse extrême j’ose fixer le Soleil Divin”. De fait elle a les yeux de l’Aigle qu’est le Christ. Le visage est le miroir de l’âme et en l’âme de Thérèse nous trouvons l’Enfant-Dieu. Il lui donne son innocence, sa candeur et sa beauté. Le visage de Thérèse, comme tout visage humain en général, contient une légère dissymétrie. Chez Thérèse, elle exprime deux aspects : d’un côté une gravité amoureuse contemplative (joue plus mince plus sobre) et d’un autre l’enfance, l’innocence et le sourire (plus joufflue d’un côté). Le tout est en parfaite harmonie sans trop accentuer les différences.
Nous pouvons noter que Thérèse ne nous regarde pas, mais elle fixe l’infini. Ses yeux sont pour son époux. Ils semblent un peu comme absents, pris par Lui, dans une sorte de recueillement amoureux ou de douce extase (comme celle qui l’a ravie au moment de sa mort d’amour). Elle regarde Jésus. C’est ce qu’elle dit à sa sœur Marie : “En écrivant, c’est à Jésus que je parle, cela m’est plus facile pour exprimer mes pensées... ” C’est la solitude de l’épouse dans cette attitude où elle ne regarde que l’Aimé. Et c’est aussi la terrible solitude qu’elle éprouvera à la fin de sa vie : “Ah ! « j’ai regardé à ma droite... et il n’y a personne qui me connaisse »... le bon Dieu seul peut me comprendre”, c’est la solitude de l’épreuve finale où elle n’a pas de confidents où elle constate que sa passion ressemble à celle de son Epoux.
Une ombre légère entre les sourcils rend son regard particulièrement grave : de fait c’est l’épreuve mystérieuse qui s’abat sur elle. Elle est envahie par d’épaisses ténèbres : “c’est le raisonnement des pires matérialistes qui s’impose à mon esprit”. Quel mystère : deux réalités dramatiquement opposées coexistent en elle : “Notre Seigneur au Jardin des Oliviers jouissait de toutes les délices de la Trinité, et pourtant son agonie n’en était pas moins cruelle. C’est un mystère, mais je vous assure que j’en comprends quelque chose par ce que j’éprouve moi-même.” Ce face à face dans les ténèbres de la Foi pure, qui se mêle à la fin de sa vie à “ce sombre tunnel”, l’a illuminée plus intensément que tout autre communication sensible : “[...] j’ai plus désire ne pas voir le bon Dieu et les saints et rester dans la nuit de la foi que d’autres désirent voir et comprendre”.
Le regard de Thérèse est aussi un regard qui voit l’invisible parce que la foi lui a fait palper la réalité de l’Amour Miséricordieux. Assise à la table des pécheurs, Thérèse fait sien leur regard : celui du condamné qui veut croire, contre toute espérance, en la miséricorde de Dieu. Son regard est aussi celui de l’Amour qui poursuit l’homme incroyant, l’homme désespéré, jusque dans son enfer pour lui crier avec compassion : “Je t’aime, ne te détruis pas, reçois-moi”.
Les reflets violets, sur l’habit de Thérèse, symbolisent cette participation à la table des pécheurs. Ils sont à peine perceptibles pour signifier son désir de cacher ses souffrances afin qu’elles ne paraissent ni aux yeux des créatures ni à ceux de Dieu. Ne s’exclamait-elle pas ? “Ô mon Dieu ! Mais si par impossible vous-même deviez ignorer ma souffrance, je serais encore heureuse”.
Enfin, Thérèse semble marcher et venir à la rencontre de celui qui la contemple. Tel est son désir, manifesté à plusieurs reprises, de ne pas se reposer au ciel tant qu’il y aura des âmes à sauver : “Je veux passer mon ciel à faire du bien sur la terre”. Depuis sa mort, des milliers de personnes ont expérimenté l’accomplissement de ces paroles. Ils ont trouvé en elle une amie, un pédagogue, un guide, une lumière. Elle a sa manière propre et efficace de s’acquitter de sa mission d’enseignement. Plus que par ses écrits, Thérèse, telle une amie, nous explique de manière vivante et affectueuse sa “petite doctrine”.
L’Eglise : lieu de l’événement.
Dans cette icône, nous voyons Thérèse entourée des Docteurs de l’Eglise. Nous remarquons que Sainte Thérèse de Jésus et Saint Jean de la Croix l’entourent de plus près avec une stature légèrement plus grande que les autres. Ceci pour signifier que la Petite Thérèse, leur fille, a marché dans leur sillage. Un lien subtil et indéfectible, tout à la fois, s’établit entre la petite sainte et ses saints Parents, lien qui relie tout autant les deux grands saints entre eux : Jean de la Croix recueilli en lui-même, semble contempler en son intérieur la Petite Thérèse, tandis que Thérèse de Jésus, la regardant, semble se reconnaître en elle.
La Santa Madre, Thérèse de Jésus, paraît à la gauche de sa fille ; elle semble la regarder fièrement et la désigner pour l’humanité entière comme un admirable exemple de zèle pour la gloire de Dieu et le salut des âmes. Nous ne pouvons manquer de relever en cet instant suprême, l’exhortation significative de la Santa Madre : “efforçons-nous d’être telles que nos prières méritent d’aider [les] serviteurs de Dieu”.
En effet, toute action doit tirer sa force de Dieu, faute de quoi ce serait “marteler et faire un peu plus que rien et parfois rien et encore parfois du mal” : “hors de moi vous ne pouvez rien faire” nous dit clairement le Seigneur. Le mode divin de l’apostolat, cet apostolat infus, vécu et prôné par Sainte Thérèse de Jésus est caractéristique de la Réforme thérésienne. Thérèse fut le fidèle réceptacle de cet enseignement : la possession de Dieu nous obtient – par ses touches ineffables – les grâces de salut pour le monde. Nous ne pouvons omettre de citer alors Son Eminence Mr. le Cardinal Martinez Somalo “plus votre vie appartient exclusivement au Seigneur, plus elle est, mystérieusement mais réellement féconde” et aussi cette “existence sponsale totalement consacrée à Dieu dans la contemplation, possède une extraordinaire efficacité apostolique et missionnaire, comme expression du pur amour qui vaut plus que toute action”. Le dynamisme ecclésial est donc à la mesure de l’union de l’âme au Christ, car c’est des profondeurs du Sauveur que tout le corps mystique se trouve vivifié. Ce type essentiel d’apostolat trouve son expression la plus singulière et la plus parfaite en la Vierge Marie. “La dimension sponsale et la fécondité spirituelle de [cette] vocation s’éclairent d’une manière particulière en Marie la Toute Sainte, modèle de l’Eglise”. Il s’agit, en fait, d’une opération mystérieuse où la modalité divine s’introduit : la participation à l’être même de Dieu et à ses opérations est action par excellence. Les désirs de l’âme unie au Seigneur ainsi que les flammes qu’elle lance constituent en eux-mêmes la racine de l’action. En fait “l’Amour seul [fait] agir les membres de l’Eglise, [...] si l’Amour venait à s’éteindre, les Apôtres n’annonceraient plus l’Evangile, les Martyrs refuseraient de verser leur sang... ”
Le Carmel est l’Ordre éminemment apostolique où la mission principale et fondamentale est de transmettre le feu de l’amour. De cette manière, le but de l’apostolat est directement et parfaitement atteint. Impulsions et effluves sortent alors du sein de Dieu habitant en l’âme et irriguent par d’impétueux courants d’Eau Vive “enfers, cieux, et peuples, quoique ce soit de nuit”. La Petite Thérèse affirme sa profonde conviction quant à cette réalité dans une de ses lettres : “[...] une carmélite qui ne serait pas apôtre s’éloignerait du but de sa vocation et cesserait d’être fille de la séraphique Sainte Thérèse... ”. Elle savait bien que ce n’était pas par l’action qu’elle pouvait recevoir l’apostolat infus, “que ce n’était point par des lettres que les carmélites doivent sauver les âmes mais par la prière”. La prière et le sacrifice furent ses armes et c’est ainsi qu’elle arriva à la pureté de l’amour et qu’elle fut admise à la table des pécheurs qui est l’apostolat par excellence. Elle réalise ainsi de manière éminente cette recommandation de sainte Thérèse de Jésus aux septièmes demeures : “Ayons particulièrement soin, mes soeurs, de l’en supplier, ne l’oublions pas, c’est faire une très grande charité que de prier pour ceux qui sont en état de péché mortel. [...] Je vous le demande pour l’amour de Dieu, ayez toujours un souvenir pour ces âmes-là dans vos prières”. En reprenant cet enseignement fondamental de la “Santa Madre” elle nous enseigne le chemin authentique de l’action, de l’apostolat.
Thérèse apparaît comme la fille spirituelle de Saint Jean de la Croix et l’affirme elle-même : “Ah ! Que de lumières n’ai-je pas puisées dans les oeuvres de Notre P. St J. de la C. !... A l’age de 17 et 18 ans je n’avais pas d’autre nourriture spirituelle... ”. Une nourriture qu’elle fréquentera jusqu’à la fin de sa vie surtout lors de sa maladie. Le chemin d’enfance de Thérèse ne serait-il pas une réminiscence de cet autre sentier véridique du rien ! L’âme dépouillée, de tout ce qui n’est pas Dieu, et purifiée semble récupérer sa beauté originelle, essentiellement fille de Dieu. Et si elle craint de se “trouver accablée sous le poids de [ses] désirs audacieux” et recourt à son identité d’enfant afin de se justifier, elle reconnaît que le Seigneur Lui-même ne demande que l’amour et elle y répond pleinement puisque l’“amour ne se paie que par l’amour”. Thérèse transmet “au grand public de notre époque l’essentiel du message de Jean de la Croix et son exigence qui est celle de l’Amour”. Mais lui de son côté nous donne, par ses écrits, la meilleure clef pour la comprendre en profondeur.
En parlant de saint Jean de la Croix Thérèse dira à soeur Marie de la Trinité : “C’est le saint de l’Amour par excellence”. Or l’amour parfait requiert “l’égalité” où “tout est commun entre les amants”. C’est là que celle connue sous le vocable de “petite” semble une géante et c’est là aussi où le véritable aspect de son enfance spirituelle - qui ne laisse aucune place à la mignardise ni à la mesquinerie - est révélé. En effet, sa voie est signe d’une profonde maturité et d’une juste évaluation de la réalité du monde et de sa propre personne. Alors le fond de l’âme tout entière se réfère à Dieu, jusque dans ses premiers mouvements qui sont désormais livrés à Dieu et fixés en Dieu tout en n’agissant plus que par l’amour et dans l’amour. “Maintenant, tout se réduit à aimer” est la sentence de Thérèse, son éternel leitmotiv. Les sommets de l’union d’amour décrits par saint Jean de la Croix dans la Vive Flamme sont la meilleure description de ce que vit Thérèse au fond de son coeur. Il faudrait reprendre tout l’enseignement du Saint sur ces sommets pour comprendre cette unité d’âme qui existe entre eux et qui est suggérée sur l’icône par cette attitude recueillie et intériorisée du Saint. Il semble lui dire : là dans “ce miroir sans tache du Père éternel, qui est son Fils”, “je regarde votre âme chaque jour”. Ce qu’ils ont de commun est indicible.
A qui mieux qu’à Thérèse Jean de la Croix peut-il adresser ces fameuses paroles : “Heureuse vie, et heureux état ! Heureuse l’âme qui y parvient ! Là tout est désormais substance d’amour”. On peut conclure avec ces paroles qui en disent long : “Ah ! C’est incroyable comme toutes mes espérances se sont réalisées. Quand je lisais St Jean de la Croix, je suppliais le bon Dieu d’opérer en moi ce qu’il dit, c’est à dire la même chose que si je vivais très vieille ; enfin de me consommer rapidement dans l’amour, et je suis exaucée ! ”
Tous les Pères, docteurs et saints de l’Eglise, soit en Orient soit en Occident, ont apporté une contribution inestimable à l’approfondissement de la vision chrétienne de Dieu Un et Trine, par leurs prédications et leurs réflexions théologiques. Dieu est par nature ineffable, Il s’est fait proche de nous dans l’histoire du salut et nous a enseigné les secrets de sa vie trinitaire. Il l’a fait en s’offrant dans le Verbe Incarné, dans l’effusion de son Esprit-Saint et en se révélant Père, Principe de tout et Amour Miséricordieux. Chez Thérèse comme chez ces saints, c’est dans l’oraison qu’a été puisée cette science divine qui a rempli l’univers de l’illumination de la doctrine évangélique. Thérèse ne nous dit-elle pas elle-même que c’est “ dans l’oraison que les Sts : Paul, Augustin, Jean de la Croix, Thomas d’Aquin, François, Dominique et tant d’autres illustres Amis de Dieu ont puisé cette science Divine qui ravit les plus grands génies?”. Pour eux, il y a une sorte de symbiose entre prier, penser et agir.
Fascinée par l’amour de Dieu le Père, Thérèse vivait et enseignait le “total abandon”, à l’image du Fils, Jésus. Lui, Fils par nature divine et nous par adoption nous pouvons dire “Abba!”. La voie de l’Enfance-Spirituelle n’est autre que l’épanouissement de la vie filiale de Jésus en nous. Thérèse, par l’offrande d’elle-même à l’Amour Miséricordieux, a reçu en plénitude les dons de l’Esprit et a été introduite dans la communion trinitaire : “telle est l’adoption des enfants de Dieu” comme le dit Jean de la Croix. Thérèse, le plus petit de tous les Docteurs, est un lien, osons-nous dire, entre l’Orient et l’Occident, puisqu’elle a, avec son langage simple et lumineux, mis en relief l’appel à la divinisation de l’homme par une petite voie toute simple et tout évangélique. D’autre part, son invitation à l’humilité ne peut que faciliter la mission de l’Esprit de Dieu qui appelle, avec vigueur, les croyants à réaliser la pleine unité ecclésiale. Thérèse, du fait même qu’elle laisse Jésus opérer en elle l’unité de sa personne intérieure, dans toute sa dimension, participe à la réalisation de l’unité de l’Eglise.
Sur l’icône, d’après les canons de la tradition iconographique, nous voyons chacun des docteurs selon la physionomie qui lui est propre. Les moines portent leurs habits religieux ou monacaux. Les traits noirs utilisés sur les vêtements désignent le plus haut degré d’ascèse par lequel ils sont déjà morts à ce monde. Quant aux évêques, revêtus de leurs ornements liturgiques, ils portent entre leurs mains le livre des Ecritures, symbole du ministère de l’Evêque, responsable de la Foi de ses fidèles.
Thérèse accueille la Parole dans le cadre d’une tradition de laquelle elle se réclame vivement et à partir de laquelle elle nous livre sa propre voie spirituelle, rattachant ainsi la tête de l’Eglise qu’est le Christ à l’Eglise tout entière, Corps mystique du Christ. L’icône laisse transparaître cette Lumière exaltée par l’hymne du Fos Ilaron (ΦΩΣ IΛAPON) de l’Office vespéral byzantin. Lumière, issue de la gloire éternelle du Père, reposant sur son Monogène et répandue dans l’Eglise et de laquelle resplendissent les Docteurs et les saints : “Bienheureux Pères, vous êtes devenus des flambeaux resplendissants de vérité...” “Comme phares lumineux, vous avez éclairé l’Eglise du Christ” “Resplendissants des rayons de la divine clarté…” Cette lumière qui émerge du centre de l’icône et qui envahit la scène, reflète l’admiration que tous portent à celle qui un jour leur demanda de l’adopter pour enfant : “... j’ose vous demander de m’obtenir : votre double amour”. L’émerveillement suscité en cette assemblée est comme une reconnaissance, par tous, de l’apport personnel et de l’enseignement de Thérèse. Plus encore, ils adhèrent à sa “petite voie” et même y participent tant et si bien que leur émerveillement les assimile à leur tour à des enfants.
Conclusion
En contemplant la Petite Thérèse entourée de tous ces saints et Grands Docteurs de l’Eglise, nous sommes amenés à nous poser cette question : “Comment cette petite carmélite, n’ayant reçu aucune formation théologique, peut-elle être admise dans cette vénérable assemblée ? Ne serait-ce pas pour sa doctrine commune à l’Orient et à l’Occident, parce que tout évangélique, jaillit du cœur d’une enfant docile à la Parole de Dieu ? A la suite de cette décision audacieuse de l’Eglise qui, en Thérèse, “élève les humbles”, écoutons quelques-uns de ces Docteurs qui, dans la joie de la voir admise parmi eux, justifient une telle décision. Le Pape Saint Léon le Grand nous dit : “le Christ aime l’enfance par laquelle Il a débuté dans son âme comme dans son corps ; le Christ aime l’enfance, maîtresse d’humilité, règle d’innocence, modèle de douceur. Le Christ aime l’enfance, vers elle Il oriente les hommes les plus âgés, Il y ramène les vieillards, Il la donne en exemple à tous ceux qu’Il élève au Royaume éternel”. D’autre part, Saint Ambroise affirme : “Les petits auxquels le Père révèle les mystères sont ceux qui ne savent pas s’exalter, ni faire valoir par le clinquant des paroles les ressources de leur sagesse”. Et comment ne pas mentionner ces belles paroles de la “Bouche d’Or” : “Les tout-petits sont sincères et simples... Jésus nous enseigne à fuir les folles pensées et à poursuivre la simplicité”. Pour terminer nous rapporterons les paroles de Saint Cyrille d’Alexandrie : “le Père révèle le Fils à ceux dont l’esprit est innocent et enfantin pour la malice... nous devons ressembler aux enfants, en menant notre vie dans la simplicité et l’innocence”. Et que nous dit le Docteur des docteurs ? “Je te loue, Père, Seigneur du ciel et de la terre, de ce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et de ce que tu les as révélées aux enfants”.
Carmel de la Théotokos et de l’Unité
Harissa – Liban