POESIES (PARTIE II)

POESIES PREMIERE PARTIE

1-23

 

{ Poésie 1, du 2 Février 1893   : La Rosée Divine, ou Le Lait Virginal de Marie, (6 strophes de 8 vers, 48 vers) } PN01-B0

 

J.M.J.T.

 

2 Février 1893

 

La Rosée Divine,

ou Le Lait Virginal de Marie.

 

 

1. Mon Doux Jésus, sur le sein de ta Mère

Tu m'apparais, tout rayonnant d'Amour.

L'Amour, voilà l'ineffable mystère

Qui t'exila du Céleste Séjour...

Ah ! laisse-moi me cacher sous le voile

Qui te dérobe à tout regard mortel

Et près de toi, ô Matinale Etoile !

Je trouverai un avant-goût du Ciel.

 

2. Dès le réveil d'une nouvelle aurore

Quand du soleil on voit les premiers feux

La tendre fleur qui commence d'éclore

Attend d'en haut un baume précieux

C'est du matin la rosée bienfaisante

Toute remplie d'une douce fraîcheur

Qui produisant une sève abondante

Du frais bouton fait entrouvrir la fleur.

 

3. C'est toi, Jésus la Fleur à peine éclose,

Je te contemple à ton premier réveil,

C'est toi, Jésus, la ravissante Rose,

Le frais bouton, gracieux et vermeil.

Les bras si purs de ta Mère chérie

Forment pour toi berceau, trône royal

Ton doux soleil, c'est le sein de Marie

Et ta Rosée, c'est le Lait Virginal !...

 

4. Mon Bien-Aimé, mon divin petit Frère

Dans ton regard je vois tout l'avenir

Bientôt pour moi tu quitteras ta Mère

Déjà l'Amour te presse de souffrir

Mais sur la croix, ô Fleur Epanouie !

Je reconnais ton parfum matinal,

Je reconnais la Rosée de Marie.

Ton sang divin, c'est le Lait Virginal !...

 

5. Cette rosée se cache au sanctuaire,

L'ange des Cieux la contemple ravi,

Offrant à Dieu sa sublime prière

Comme Saint Jean, il redit : « Le voici »

Oui, le voici, ce Verbe fait Hostie,

Prêtre éternel, Agneau sacerdotal,

Le Fils de Dieu, c'est le Fils de Marie,

Le pain de l'Ange est le Lait Virginal.

 

6. Le séraphin se nourrit de la gloire,

Au Paradis son bonheur est parfait

Moi faible enfant, je ne vois au ciboire

Que la couleur, la figure du Lait

Mais c'est le Lait qui convient à l'enfance

Et de Jésus l'Amour est sans égal

O tendre Amour ! Insondable puissance

Ma blanche Hostie, c'est le Lait Virginal !...

 

(Air : Minuit, chrétiens)

 

20 Février de l'an de grâce 1894

 

*****

 

{ Poésie 2, du 20 Février 1894   : A Notre Maîtresse et Mère chérie pour fêter ses 60 ans, (5 strophes de 4 vers, 20 vers) } PN02-B0

 

 

 

A Notre Maîtresse et Mère chérie

pour fêter ses 60 ans

 

 

1. Oh ! quel joyeux anniversaire

Nous célébrons en ce beau jour !

A notre bonne et tendre Mère,

Chantons, chantons tout notre amour.

 

2. Depuis soixante ans, sur la terre,

Divin Jésus, vous contemplez

Une fleur qui vous est bien chère,

De vos grâces vous l'arrosez.

 

3. Jésus, votre fleur embaumée

A pour vous gagné bien des coeurs,

Elle a cueilli dans la vallée

Une belle moisson de fleurs.

 

4. Divin Jésus, dans la Patrie

Vous saurez la récompenser ;

De la moisson qu'elle a cueillie

Nous vous verrons la couronner.

 

5. Jésus, votre Rose est la Mère

Qui dirige nos coeurs d'enfants ;

Daignez écouter leur prière :

Qu'ils fêtent ses quatre-vingt ans !

 

Les trois petites novices

Sr Thérèse de l'Enfant Jésus

Sr Marthe de Jésus

Sr Marie-Madeleine

 

20 Février de l'an de grâce 1894

 

*****

{ Poésie 3   : Sainte Cécile, (112 vers) } PN03-B0

 

Sainte Cécile

 

Pendant le son des instruments

Cécile chantait en son coeur...

(Office de l'Eglise)

 

 

O Sainte bien-aimée, je contemple ravie

Le sillon lumineux qui demeure après toi

Je crois entendre encor ta douce mélodie,

Oui, ton céleste chant arrive jusqu'à moi.

De mon âme exilée, écoute la prière

Laisse-moi reposer sur ton coeur virginal

Ce lys immaculé qui brilla sur la terre

D'un éclat merveilleux et presque sans égal.

 

O très chaste Colombe, en traversant la vie

Tu ne cherchas jamais d'autre époux que Jésus,

Ayant choisi ton âme, Il se l'était unie

La trouvant embaumée de toutes les vertus.

Cependant un mortel, radieux de jeunesse,

Respira ton parfum, blanche et céleste fleur !

Afin de te cueillir, de gagner ta tendresse,

Valérien voulut te donner tout son coeur.

Bientôt il prépara des noces magnifiques,

Son palais retentit de chants mélodieux...

Mais ton coeur virginal redisait des cantiques

Dont l'écho tout divin s'élevait jusqu'aux Cieux !

Que pouvais-tu chanter, si loin de ta Patrie,

Et voyant près de toi ce fragile mortel ?

Sans doute tu voulais abandonner la vie

Et t'unir pour toujours à Jésus dans le Ciel...

Mais non... j'entends vibrer ta lyre séraphique,

Lyre de ton amour dont l'accent fut si doux,

Tu chantais au Seigneur ce sublime cantique :

« Conserve mon coeur pur, Jésus mon tendre Epoux !... »

Ineffable abandon ! Divine mélodie !

Tu dévoiles l'amour par ton céleste chant.

L'amour qui ne craint pas, qui s'endort et s'oublie

Sur le Coeur de son Dieu, comme un petit enfant...

 

Dans la voûte azurée parut la blanche étoile

Qui venait éclairer de ses timides feux

La lumineuse nuit qui nous montra sans voile

Le virginal amour des époux dans les Cieux...

 

Alors Valérien rêvait la jouissance,

Cécile, ton amour était tout son désir...

Il trouva le bonheur dans ta noble alliance

Tu lui montras la vie qui ne doit pas finir.

« Jeune ami, lui dis-tu, près de moi toujours veille

« Un ange du Seigneur qui garde mon coeur pur,

« Il ne me quitte pas, alors que je sommeille,

« Il me couvre avec joie de ses ailes d'azur.

« La nuit, je vois briller son aimable visage

« D'un éclat bien plus doux que les feux du matin,

« Sa face me paraît la transparente image

« Le pur rayonnement du visage divin. »

Valérien reprit : « Montre-moi ce bel Ange,

« Afin qu'à ton serment je puisse ajouter foi.

« Autrement, crains déjà que mon amour se change

« En terrible fureur, en haine contre toi... »

 

O Colombe cachée dans le creux de la pierre !

Tu ne redoutais pas les filets du chasseur

La Face de Jésus te montrait sa lumière,

L'Evangile sacré reposait sur ton coeur...

Tu repris aussitôt avec un doux sourire :

« Mon céleste Gardien exauce ton désir,

« Bientôt tu le verras, il daignera te dire

« Que pour voler aux Cieux, tu dois être martyr.

« Mais avant de le voir, il faut que le baptême

« Répande dans ton âme une sainte blancheur,

« Il faut que le vrai Dieu l'habite par Lui-même

« Il faut que l'Esprit-Saint soit la vie de ton coeur.

« Le Verbe, Fils de Dieu et le Fils de Marie,

« Dans son immense amour s'immole sur l'autel,

« Tu dois aller t'asseoir au Banquet de la Vie

« Afin de recevoir Jésus le Pain du Ciel.

« Alors, le Séraphin t'appellera son frère,

« Et voyant dans ton coeur le trône de son Dieu

« Il te fera quitter les plages de la terre

« Tu verras le séjour de cet esprit de feu. »

─ « Je sens brûler mon coeur d'une nouvelle flamme »

S'écria dans sa joie l'ardent patricien.

« Je veux que le vrai Dieu habite dans mon âme,

« Cécile, mon amour sera digne du tien !... »

 

Revêtu de la robe emblème d'innocence,

Valérien put voir le bel ange des Cieux,

Il contempla ravi sa sublime puissance

Il vit le doux éclat de son front radieux.

Le brillant séraphin tenait de fraîches roses

Mélangées de beaux lys éclatants de blancheur.

Dans les jardins du Ciel, ces fleurs étaient écloses

Sous les rayons d'amour de l'Astre créateur.

 

« Epoux chéris des Cieux, les roses du martyre

« Couronneront vos fronts, dit l'ange du Seigneur,

« Il n'y a pas de voix, il n'y a pas de lyre

« Capables de chanter cette grande faveur !

« Je m'abîme en mon Dieu, je contemple ses charmes,

« Mais je ne puis pour Lui m'immoler et souffrir,

« Je ne puis lui donner ni mon sang ni mes larmes

« Malgré tout mon amour, je ne saurais mourir...

« La pureté, de l'ange est le brillant partage

« Son immense bonheur ne doit jamais finir,

« Mais sur le Séraphin, vous avez l'avantage

« Vous pouvez être purs, et vous pouvez souffrir !...

 

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 

« De la virginité, vous voyez le symbole

« Dans ces lys embaumés que vous envoie l'Agneau

« Vous serez couronnés de la blanche auréole,

« Vous chanterez toujours le cantique nouveau.

« Votre chaste union enfantera des âmes

« Qui ne rechercheront d'autre époux que Jésus,

« Vous les verrez briller comme de pures flammes,

« Près du trône divin, au séjour des élus. »

 

Cécile, prête-moi ta douce mélodie

Je voudrais convertir à Jésus tant de coeurs !

Je voudrais comme toi sacrifier ma vie

Je voudrais lui donner et mon sang et mes pleurs...

Obtiens-moi de goûter sur la rive étrangère

Le parfait abandon, ce doux fruit de l'amour.

O ma Sainte chérie ! bientôt, loin de la terre,

Obtiens-moi de voler près de toi sans retour...

 

28 Avril 1894

 

 

*****

{ Poésie 4, du 8 Mai 1894   : Cantique pour obtenir la canonisation de la Vénérable Jeanne d'Arc, (13 strophes de 4 vers et 5 refrains de 4 vers, 72 vers) } PN04-B0

 

(Air : Pitié, mon Dieu)

 

Cantique pour obtenir la canonisation

de la Vénérable Jeanne d'Arc.

 

 

 

1. Dieu des armées, l'Eglise tout entière

Voudrait bientôt honorer à l'Autel

Une Martyre, Une vierge guerrière

Dont le doux nom retentit dans le Ciel.

 

1          Refrain

 

                        Par ta Puissance

                        O Roi du Ciel

            Donne à Jeanne de France

            L'Auréole et l'Autel !

 

2. Un conquérant pour la France coupable

Non ce n'est pas l'objet de son désir

De la sauver Jeanne seule est capable

Tous les héros pèsent moins qu'un martyr !

 

3. Jeanne, Seigneur, est ton oeuvre splendide

Un coeur de feu, une âme de guerrier

Tu les donnas à la Vierge timide

Que tu voulais couronner de laurier.

 

4. Jeanne entendit dans son humble prairie

Des voix du Ciel l'appeler au combat

Elle partit pour sauver la patrie

La douce Enfant à l'armée commanda.

 

5. Des fiers guerriers elle gagna les âmes

L'éclat divin de l'Envoyée des Cieux

Son pur regard, ses paroles de flammes

Surent courber les fronts audacieux....

 

6. Par un prodige unique dans l'histoire

On vit alors un monarque tremblant

Reconquérir sa couronne et sa gloire

Par le moyen d'un faible bras d'enfant.

 

7. Ce ne sont pas de Jeanne les victoires

Que nous voulons célébrer en ce jour

Nous le savons, ses véritables gloires

Ce sont, mon Dieu, ses vertus, son amour.

 

8. En combattant, Jeanne sauva la France

Mais il fallait que ses grandes vertus

Fussent marquées du sceau de la souffrance

Du sceau divin de son Epoux Jésus !

 

9. Sur le bûcher sacrifiant sa vie

Jeanne entendit la voix des Bienheureux

Elle quitta l'exil pour la Patrie

L'Ange Sauveur remonta vers les Cieux !...

 

10. Jeanne, c'est toi notre unique espérance

Du haut des Cieux, daigne entendre nos voix

Descends vers nous, viens convertir la France

Viens la sauver une seconde fois.

 

2          Refrain

 

                        Par la Puissance

                        Du Dieu Vainqueur

            Sauve, sauve la France

            Ange Libérateur !...

 

11. Chassant l'anglais hors de toute la France

Fille de Dieu, que tes pas étaient beaux !

Mais souviens-toi qu'aux jours de ton enfance

Tu ne gardais que de faibles agneaux...

 

3          Refrain

 

                        Prends la défense

                        Des impuissants

            Conserve l'innocence

            En l'âme des enfants.

 

12. Douce Martyre, à toi nos monastères

Tu le sais bien, les vierges sont tes soeurs

Et comme toi l'objet de leurs prières

C'est de voir Dieu régner dans tous les coeurs.

 

4          Refrain

 

                        Sauver les âmes

                        Est leur désir

            Ah ! donne-leur tes flammes

            D'Apôtre et de Martyre !

 

13. De tous les coeurs sera bannie la crainte

Quand nous verrons l'Eglise couronner

Le front si pur de Jeanne notre Sainte

Et c'est alors que nous pourrons chanter :

 

5          Refrain

 

                        Notre espérance

                        Repose en vous

            Sainte Jeanne de France

            Priez, priez pour nous !

 

*****

 

{ Poésie 5, du 1er juin 1894   : Mon chant d'aujourd'hui, (14 strophes de 4 vers, 56 vers) } PN05-B0

 

(Air : Dieu de paix et d'amour)

 

Mon chant d'aujourd'hui

 

1. Ma vie n'est qu'un instant, une heure passagère

Ma vie n'est qu'un seul jour qui m'échappe et qui fuit

Tu le sais, ô mon Dieu ! pour t'aimer sur la terre

            Je n'ai rien qu'aujourd'hui !...

 

2. Oh ! je t'aime, Jésus ! vers toi mon âme aspire

Pour un jour seulement reste mon doux appui.

Viens régner dans mon coeur, donne-moi ton sourire

            Rien que pour aujourd'hui !

 

3. Que m'importe, Seigneur, si l'avenir est sombre ?

Te prier pour demain, oh non, je ne le puis !...

Conserve mon coeur pur, couvre-moi de ton ombre

            Rien que pour aujourd'hui.

 

4. Si je songe à demain, je crains mon inconstance

Je sens naître en mon coeur la tristesse et l'ennui.

Mais je veux bien, mon Dieu, l'épreuve, la souffrance

            Rien que pour aujourd'hui.

 

5. Je dois te voir bientôt sur la rive éternelle

O Pilote Divin ! dont la main me conduit.

Sur les flots orageux guide en paix ma nacelle

            Rien que pour aujourd'hui.

 

6. Ah ! laisse-moi, Seigneur, me cacher en ta Face.

Là je n'entendrai plus du monde le vain bruit

Donne-moi ton amour, conserve-moi ta grâce

            Rien que pour aujourd'hui.

 

7. Près de ton Coeur divin, j'oublie tout ce qui passe

Je ne redoute plus les craintes de la nuit

Ah ! donne-moi, Jésus, dans ce Coeur une place

            Rien que pour aujourd'hui

 

8. Pain Vivant, Pain du Ciel, divine Eucharistie

O Mystère sacré ! que l'Amour a produit....

Viens habiter mon coeur, Jésus, ma blanche Hostie

            Rien que pour aujourd'hui.

 

9. Daigne m'unir à toi, Vigne Sainte et sacrée

Et mon faible rameau te donnera son fruit

Et je pourrai t'offrir une grappe dorée

            Seigneur, dès aujourd'hui.

 

10. Cette grappe d'amour, dont les grains sont des âmes

Je n'ai pour la former que ce jour qui s'enfuit

Ah ! donne-moi, Jésus, d'un Apôtre les flammes

            Rien que pour aujourd'hui.

 

11. O Vierge Immaculée ! C'est toi ma Douce Etoile

Qui me donnes Jésus et qui m'unis à Lui

O Mère ! laisse-moi reposer sous ton voile

            Rien que pour aujourd'hui.

 

12. Mon Saint Ange gardien, couvre-moi de ton aile

Eclaire de tes feux la route que je suis

Viens diriger mes pas... aide-moi, je t'appelle

            Rien que pour aujourd'hui.

 

13.Seigneur, je veux te voir, sans voile, sans nuage,

Mais encore exilée, loin de toi, je languis

Qu'il ne me soit caché, ton aimable visage

            Rien que pour aujourd'hui.

 

14. Je volerai bientôt, pour dire tes louanges

Quand le jour sans couchant sur mon âme aura lui

Alors je chanterai sur la lyre des Anges

            L'Eternel Aujourd'hui !...

 

 

*****

 

{ Poésie 6, du 1er Juin 1894   : Le Portrait d'une âme que j'Aime, (16 vers) } PN06-B0

 

Fête du Sacré-Coeur

1er Juin 1894

 

 

Le Portrait d'une Ame que j'Aime

 

 

Marie du Sacré Coeur

 

M oi je connais un coeur, une âme très aimante,

A         yant reçu du Ciel une sublime Foi,

R          ien ne peut ici-bas ravir cette âme ardente :

I           l n'y a que Jésus qu'elle nomme son Roi.

E nfin, cette belle âme est grande et généreuse,

 

D ouce et vive à la fois, toujours humble de coeur.

U n horizon lointain... l'étoile lumineuse

 

S          uffisent bien souvent pour l'unir au Seigneur.

A         utrefois je la vis aimant l'indépendance

C         hercher le bonheur pur et la vraie liberté....

R          épandre des bienfaits était sa jouissance

E          t s'oublier toujours, sa seule volonté !...

 

C         e fut le coeur divin qui captiva cette âme

Oe uvre de son amour, digne du Créateur

U n jour je la verrai comme une pure flamme

R ayonner dans le Ciel auprès du Sacré Coeur.

 

Un coeur d'enfant reconnaissant

 

*****

 

{ Poésie 7, du 16 Juillet 1894   : Chant de reconnaissance à Notre-Dame du Mont-Carmel, (4 strophes de 8 vers, 32 vers) } PN07-B0

 

 

Chant de reconnaissance

à Notre-Dame du Mont-Carmel

 

 

 

1. Aux premiers instants de ma vie,

Vous m'avez prise entre vos bras ;

Depuis ce jour, Mère chérie,

Vous me protégez ici-bas.

Pour conserver mon innocence,

Vous m'avez mise en un doux nid,

Vous avez gardé mon enfance

A l'ombre d'un cloître béni.

 

2. Plus tard, aux jours de ma jeunesse,

De Jésus j'entendis l'appel !...

Dans votre ineffable tendresse,

Vous m'avez montré le Carmel.

« Viens, mon enfant, sois généreuse,

Me disiez-vous avec douceur ;

« Près de moi, tu seras heureuse,

« Viens t'immoler pour ton Sauveur. »

. . . . . . . . . . . . . . . . . . .

 

3. Près de vous, ô ma tendre Mère !

J'ai trouvé le repos du coeur ;

Je ne veux plus rien sur la terre,

Jésus seul est tout mon bonheur.

Si parfois je sens la tristesse,

La crainte qui vient m'assaillir,

Toujours, soutenant ma faiblesse,

Mère, vous daignez me bénir.

 

4. Accordez-moi d'être fidèle

A mon divin Epoux Jésus.

Qu'un jour, sa douce voix m'appelle

A voler parmi les élus.

Alors, plus d'exil, de souffrance ;

Je vous redirai dans le Ciel

Le chant de ma reconnaissance,

Aimable Reine du Carmel !

 

16 Juillet 1894

 

 

*****

 

{ Poésie 8, d'Août 1894   : Prière de l'Enfant d'un Saint, (9 strophes de 9 vers, 81 vers) } PN08-B0

Août 1894

 

Prière de l'Enfant d'un Saint

 

J.M.J.T.

 

 

1.Rappelle-toi qu'autrefois sur la terre

            Ton seul bonheur était de nous chérir

            De tes enfants exauce la prière

            Protège-nous, daigne encor nous bénir

 Tu retrouves là-Haut notre Mère chérie

Qui t'avait précédé dans la Sainte Patrie.

                        Maintenant dans les Cieux

                        Vous régnez tous les deux

                                    Veillez sur nous !.....

 

2.Rappelle-toi ta bien-aimée Marie

            Ta fille aînée, la plus chère à ton coeur

            Rappelle-toi qu'elle remplit ta vie

            Par son amour, de charme et de bonheur...

Pour Dieu tu renonças à sa douce présence

Et tu bénis la main qui t'offrait la souffrance...

                        Oh ! de ton Diamant

                        Toujours plus scintillant

                                    Rappelle-toi !.....

 

3.Rappelle-toi la belle perle fine

            Que tu connus faible et timide agneau

            Vois-la remplie d'une force divine

            Et du Carmel conduisant le troupeau.

De tes autres enfants elle est devenue Mère

O Papa ! viens guider celle qui t'est si chère !...

                        Et sans quitter le Ciel

                        De ton petit Carmel

                                    Rappelle-toi !...

 

4.Rappelle-toi de l'ardente prière

            Que tu formas pour ta troisième enfant

            Dieu t'exauça, car elle est sur la terre

            Comme ses soeurs, un beau Lys très brillant

La Visitation la cache aux yeux du monde

Mais elle aime Jésus, c'est sa paix qui l'inonde.

                        De ses ardents désirs

                        Et de tous ses soupirs

                                    Rappelle-toi !...

 

5.Rappelle-toi de ta chère Céline

            Qui fut pour toi comme un ange des Cieux

            Lorsqu'un regard de la Face Divine

            Vint t'éprouver par un choix glorieux....

Tu règnes dans le Ciel..... sa tâche est accomplie

Maintenant à Jésus elle donne sa vie.....

                        Protège ton enfant

                        Qui redit bien souvent

                                    Rappelle-toi !...

 

6.Rappelle-toi de ta petite reine

            L'orpheline de la Bérésina

            Rappelle-toi que sa marche incertaine

            Ce fut toujours ta main qui la guida

O Papa ! souviens-toi qu'aux jours de son enfance

Tu voulus pour Dieu seul garder son innocence !...

                        Et de ses blonds cheveux

                        Qui ravissaient tes yeux

                                    Rappelle-toi !...

 

7.Rappelle-toi que dans le belvédère

            Tu l'asseyais toujours sur tes genoux

            Et murmurant alors une prière